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Après cinq ans d’absence, Camille revient plus en vie que jamais. Pour son nouvel album OUÏ, elle a choisi le tambour comme instrument principal, qu’elle a accompagné de sa voix, d’un chœur lyrique et rythmique, et d’une touche d’électro. La pulsation, le battement de cœur en toile de fond se mêlent aux chants poétiques, livrant ainsi un disque terriblement humain. Rencontre avec l’une des artistes les plus atypiques de la chanson française.

A la base vous vouliez faire un album protestataire et finalement vous vous êtes retrouvés avec un « OUÏ ». Expliquez-nous ?

(Sourire) un oui solaire ! Le fait de grandir et d’avoir des enfants, ça amène à une prise de conscience sur l’environnement, les guerres, les problèmes sociaux etc. Et comme le chant est une tribune, on a envie d’exprimer tout ça. Cela faisait donc partie de l’enjeu de ce disque, en plus des enjeux musicaux, car pour moi le tambour ça invite au rassemblement, au questionnement, et le chant aussi c’est une prise de parole. Ce disque a donné une réponse à ces doutes, à ces peurs, et la réponse la plus forte, c’est l’ouverture. C’est ça qui amène à une forme de paix avec soi même. Et ce disque il m’a apporté cela, donc je dis OUI.

 

Ce nouvel album se caractérise par un tournant électro dans votre musique. Comment s’est-il opéré ?

Ce n’était pas une volonté à la base. Je voulais vraiment un tambour, une voix lead, un chœur lyrique et un chœur rythmique. Le Moog est un instrument électronique analogique, c’est un synthé mythique. Si j’ai appelé le disque OUI ce n’est pas par hasard, parce que dans le Moog il y a deux grand O. C’est un synthé qui a une personnalité incroyable, il est presque indomptable. Parmi tous les sons qu’il propose il fallait trouver un son qui allait dans le sens du disque, et qui avait sa place de liant, je ne voulais pas qu’il empiète sur la voix ni sur les infrabasses. L’autre instrument électronique c’est de la programmation, je l’ai choisi car il faisait le son d’un battement de cœur. C’est électro mais pour moi c’est un son très organique. Ce son a résonné et j’ai dit : ‘c’est celui là que je le veux’.

 

Comment pensez-vous avoir évolué depuis votre 1er album ?

Bien (rires). J’espère que j’évolue vers de plus en plus d’ouverture, et de plus en plus de précision. Je file le même coton, mais je suis plus dans une approche holistique de la création. Une recherche d’un alignement de tout, ce que je suis, mon corps, la voix.

 

Pourquoi avoir appelé ce disque « OUÏ » ?

C’est tout ce que vous avez envie d’entendre ou juste de voir. J’aime bien ce mot parce que même si on ne le comprend pas, que l’on n’est pas français, il raconte quelque chose, il raconte l’ouverture, la rectitude, le cercle. On y voit, on y entend ce que l’on veut.

 

Vous avez fait sensation au Printemps de Bourges. Pour vous la performance sur scène, c’est important ?

Pour moi c’est très important, c’est un aboutissement de mon travail. C’est comme le fruit mûr, il y a les racines, toute cette gestation, la sève qui monte, les feuilles, le fruit qui arrive et que l’on cueille, que l’on offre. Il n’existe pas sans la genèse, c’est le moment de l’offrande, le moment du partage, il me semble que c’est ultime.

 

Est-ce que des évènements tel que l’attentat pendant le concert d’Ariana Grande le 22 mai dernier, ça vous fait peur en tant qu’artiste ?

Je ne réponds qu’à une chose : je continue à être ce que je suis. Et quand je vais sur scène, je crois que c’est le moment où je me sens le plus en sécurité, parce que ce n’est que de l’amour. Tout le monde peut détruire l’humain. Mais ce n’est que de la matière contre de la matière, rien ne peut surpasser l’amour.

 

Dans un article, le magazine Tsugi a dit que vous aviez « la trempe d’une Bjork, voire plus ». C’est un compliment ?

Si j’ai choisis la musique, la création c’est justement parce qu’il n’y a pas de podium. Pour moi créer, c’est juste une manière d’être au monde, de montrer qu’on est tous singulier et qu’on a tous une place. On peut comparer les artistes entre eux, mais je crois que c’est complètement vain. Evidemment, Bjork c’est un maitre pour moi, mais je ne pourrais pas me comparer à elle.

 

Ce que vous aimez le plus à Paris ?

Marcher dans les rues. J’ai passé ma vie à Paris, et il y a toujours des rues qui me surprennent, notamment les petites impasses où tout à coup, on est totalement coupé du brouhaha, tout est calme.

 

Ce que vous détestez le plus à Paris ?

Les voitures. Il faudrait toutes les éradiquer !

 

Si vous étiez un bonbon ?

Un bonbon au miel (sans sucres hein !).